20.12.2009
Dix albums à la mer
Sans copinage, renvoie d’ascenseur, problème de calibrage, réseau des services promo et autres obligations commerciales, voici les dix meilleurs albums « made in France » sortis en 2009. C’est parti !
N°1 : Shaka Ponk “Bad porn movie TraX” (Guess What! / Tôt ou Tard)
En tête du classement parce qu’ils réussissent à marier fusion et passion dans un même élan de générosité festive. Un album qui regorge de hits calibrés au milimètre pour les radios... qui les balayent souverainement. Heureusement, les concerts affichent complets !
N°2 : Charlotte Gainsbourg “IRM” (Because)
Presque hors délais pour cette année 2009, mais quel album ! Merci Mr Beck de ciseler autant de petits bijoux pop et de les avoir confiés à notre Charlotte nationale. Elle les sublime, à tel point qu’on ne reconnait pas sa voix. Bon signe.
N°3 : Porcelain “Adios Betty” (Drunk Dog / Differ-ant)
Arriver à fondre dans un même métal un piano pop et des guitares indé, ne cherchez pas c’est du Porcelain. Les normands y ajoutent un zest de classe et de belles mélodies. On les prendrait même pour des anglais. Un compliment quand on parle de rock !
N°4 : del Cielo “Sous les cendres” (Idwet / del Cielo)
Un simple duo suffit pour s’en convaincre : Rennes est bien une terre de rock. Avec del Cielo, la capitale bretonne le prouve une nouvelle fois et dégaine un véritable ovni pop électro aux sons saisissants et aux paroles intelligeantes.
N°5 : Sylvain Vanot “Bethesda” (Magaphone Music)
Mais comment Sylvain Vanot arrive à faire sonner sa guitare ? Chaque descente de slide est limpide et fluide dans un rythme mid tempo qui invite à s’effondrer dans son fauteuil. Du blues en forme de chanson. A moins que ça ne soit l’inverse. Renversant.
N°6 : Dahlia “Une lumière dans les ombres” (Yapucca)
Encore des rennais ! Mais là, on ne parle pas de petits nouveaux, puisqu’il s’agit du 3ème album du groupe emmené par la voix de Guillaume Fresneau, reconnaissable (et saisissante) entre toutes. Un vrai joyaux pop rock quii vous entraine au bout d ela nuit.
N°7 : Screaming Kids “Screaming Kids” (Cosmopolite Records)
On croyait le punkabilly mort et enterré depuis les feux Happy Drivers. Avec bon goût et intelligenace, les alsaciens de Screaming Kids réinvente le genre. Et en français s’il vous plait ! On en redemande !
N°8 : Archimède “Archimède” (Jive Epic / Sony)
Archilmède arrive à faire sonner le français avec efficacité tout en racontant de véritables histoires. Cela relève toujours de l’exploit. Ajoutez y de vraies mélodies pop et vous obtenez le théorème de Laval : pop, rock et talent.
N°9 : Bukowski “Amazing grace” (Booster Production)
Les amateurs de stoner auront sûrement classé Bukowski à la première marche du podium. Car dans le genre on n’a pas fait mieux cette année, si ce n’est peut-être 7 Weeks. La recette : lourd, gras et psychedelic. Le tripyque est une nouvelle fois respecté.
N°10 : Nolwenn Leroy “Le Cheshire Cat et Moi” (Mercury / Universal)
Etonnant non ? Oui, mais quand une star de la télé réalité essaye de décrocher, il faut l’encourager. Ici, Nolwenn Leroy livre un des plus beaux albums de l’année, entre folk, americana et chanson française d’exception. Parions qu’elle n’en vendra pas beaucoup. Dommage.
19:05 Publié dans Disque | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
04.11.2009
Le ciel de Rennes
Le hasard fait bien les choses. Du moins, c’est l’expression consacrée lorsque l’on ne peut pas expliquer grand-chose, y compris le plus incroyable : la création de ce duo aussi iconoclaste qu’original. Si nous pouvons remercier le label (l’étonnant « Range Ta Chambre ») d’avoir programmé une compil - et donc leur rencontre -, force est de constater que Gaël Desbois et Liz Bastard ont trouvé dans l’entité del Cielo de quoi exprimer une certaine idée de la différence. Après 4 titres auto produits en 2007, le duo sort chez Idwet (le label de Mobiil, groupe de Gaël Desbois et Olivier Mellano) le premier album "Sous les cendres". Sur fond de pop suintant le Trip-hop, les mots de Liz Bastard percutent le quotidien et rendent impossible toute volonté d’échapper à un monde surréaliste. Souvent aussi provoquant et poétique que Brigitte Fontaine (une autre bretonne, tiens !), del Cielo marque son empreinte en cultivant les rythmes hypnotiques et envoutants. L’auditeur est rapidement pris au piège.
RV
07:01 Publié dans Disque | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.09.2009
Dhalia d'ombre et de lumière
Le prochain album de DAhLIA, "Une Lumière dans les ombres", sera dans les bacs et les meilleures plateformes le 12 octobre 2009. Qu'on se le dise.
06:57 Publié dans Disque | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.08.2009
Les Plastiscines nous parlent d'amour

Les Plastiscines sont enfin de retour avec « About Love », le second opus américain du girls band des Yvelines. Enregistré au pays de l'Oncle Sam, à Los Angeles, l'album est en grande partie chanté en anglais. Deux titres sur 12 sont en français. Pour le reste, rien de neuf sous le cocotier, si ce n'est une production bien léchée qui calibre le tout pour un marché US déjà bien saturé de ce genre de musique. Le pari est osé : gagner à l'étranger, ce que l'utilisation de la langue de Shakespeare va faire perdre sur le marché hexagonal. Ah les quotas !
Avec « About Love », le marketing est roi... Tellement « king of the world » que l'exclusivité digitale de l'album sur i-tunes est déjà dans les bacs à la Fnac. Allez comprendre... Mais, c'est en maîtrisant aussi bien son produit et son marché, que cette profession est en passe de condamner définitivement le support physique (quoique que...) et tente la même expérience avec la musique Live à grands coups cachets insensés qui coulent Festivals, salles et... fans des artistes, incapables de se payer un billet de concert. Live Nation ne vaut décidemment pas mieux que EMI et autres Sony. La Stratégie à 360° n'est qu'une belle slide de présentation destinée à réinventer la roue et cacher l'incompétence de toute une profession cupide qui a cru que les 30 glorieuses (les années 70, 80 et 90) étaient duplicables à l'infini. L'âge d'or est terminé. Place à la réalité, celle qui suppose qu'un artiste n'est pas - forcément - fait pour devenir milliardaire, mais simplement gagner sa vie honnêtement en pratiquant une passion à plein temps. C'est déjà énorme !
Pour revenir à nos chères Plastiscines, l'album est correct, parfois excellent, mais ne renferme pas le tube qui transformerait l'essai en killer ap'. Ce qui pour ce genre de pop rock sucrée est une condition majeure de reconnaissance populaire.
RV
18:22 Publié dans Disque | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : plastiscines, album, about love
11.06.2009
Shaka Ponk : Paris, Berlin, Barcelone
Shaka Ponk met le doigt où ça fait mal : la création. Comme c’est assez rare pour le souligner, ne boudons pas notre plaisir et affirmons haut et fort : « Bad porn movie traxx » est un p… de bon disque. Un album qui fait - enfin - rimer fusion avec fusionnel. Emotion.
Attention : un singe peut en cacher un autre. Et avant de vous précipiter chez votre meilleur dealer sonique, vérifiez que vous êtes bien en présence du dernier album du groupe. Car les pochettes des deux albums (« Loco con da frenchy talkin’ » sortis en 2006 et « Bad porn movie traxx » dans les bacs depuis le 25 mai) se ressemblent à s’y méprendre. Non pas que la confusion soit fâcheuse et gâche le plaisir, car le groupe à tête de singe ne saurait décevoir, mais y’aurait comme une frustration au moment de l’impossible écoute des titres actuellement playlistés sur les radios.
Ceci dit, force est de constater que la dernière livraison gagne en maturité : plus dense, plus homogène et beaucoup plus constante dans l’effort. Si la fusion a toujours droit de cité, elle permet désormais au groupe d’explorer la dynamique festive jusqu’au bout de la transe. On se plairait même à délaisser le pogo pour des séances chorégraphiques dignes des meilleurs derviches. Il est vrai que la force hypnotique des mélodies est d’une évidence machiavélique. Ajoutons au cocktail gagnant une puissance retenue des guitares en fusion et une rythmique toujours prompte à transformer certaines velléités de french touch en hardcore débridé. Résultat : Shaka Ponk revient de Berlin (où ils ont résidé pendant deux ans) avec l’énergie d’un jeune premier. Il suffit pour s’en convaincre de les voir sur scène assumer les grandeurs et décadences du rock’n’roll et de ses nouveaux atours électroniques !
RV
Shaka Ponk « Bad porn movie traxx » (Guess What! / Tôt ou Tard)
Shaka Ponk sur Rock made in France
15:30 Publié dans Disque | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.06.2009
Revolver : musique pour le temps présent
Autant couper le cordon ombilical tout de suite : Relvolver doit bien son nom à l’album éponyme des Beatles. Hop, c’est fait ! Ceci dit, à l’écoute du EP sorti l’année dernière et du magnifique premier album « Music for a while » fraîchement débarqué, l’évocation n’est pas fortuite. Mais attention, influence ne rime pas avec plagiat du côté des trois tireurs d’élite parisiens.
A bien écouter cet opus, Neil Young, Elvis Presley, les Beach Boys ou encore Elliott Smith se sont manifestement invités au rang de pères spirituels. Assumées et revendiquées, ces icones de la musique populaire sont ici réinventées à travers douze ritournelles intemporelles mariant mélopées entêtantes et arrangements à fleur de peau. L’art mineur cher à Serge Gainsbourg est ici maîtrisé jusqu’à nous offrir cette touche d’élégance désinvolte qui permet de flirter avec l’obsession. Doit-on parler de lettres de noblesse pour cette pop aérienne ?
Ambroise Willaume (la voix de Revolver) et son copain d’enfance Christophe Musset auraient pu s’arrêter en chemin… Et prendre de la hauteur sans être à la hauteur : apprentissage classique, cours de chant, quelques compositions et puis s’en vont. Mais la rencontre d’avec Jérémie Arcache va en décider autrement. Nourri au classique (lui aussi) et violoncelliste possédé, il rejoint le duo pour oser un peu plus et fusionner lignes mélodiques et cordes tirées, pincées et frottées. Résultat : le trio fait aujourd’hui merveille et impose une nouvelle lecture de la pop anglo saxone. S’ils ne révolutionnent pas l’art, ni la manière, chaque morceau est l’occasion d’une belle et subtile mélodie qui s’étire comme un rêve oublié. Pourtant, aucune nostalgie pour ces moins de 20 ans qui n’ont pas connu le temps de « While my guitar gently weeps » mais qui remportent haut la main les « battles » contemporaines réservées aux Jeunes Talents en mal d’avenir.
RV
Revolver « Music for a while » (EMI)
15:39 Publié dans Disque | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
04.06.2009
Archimède : Tout corps plongé dans la Pop…

Depuis combien de temps n’avons-nous pas entendu un groupe pop en France ? S’entend, un vrai groupe pop qui marie texte en français finement ciselé, mélodies impeccables et production soignée. Vu sous cet angle, cela fait un bail ! Archimède arrive donc à point nommé pour combler un vide sidéral : celui du bon goût chic et choc à fredonner sans modération.
Avec ce premier album, les frères Boisnard (Nicolas au chant et Frédéric à la guitare) frappent un grand coup et démontrent une véritable maîtrise de la composition. On frôle ici l’incident diplomatique tant leur écriture pourrait donner des leçons d’aisance et de savoir-faire au meilleur de la scène anglo-saxonne si les chansons n’étaient interprétées en français. La langue de Molière déjoue les pièges du genre tout en construisant de véritables histoires. Fini ces successions de mots aux prétextes sémantiques exclusivement phonétiques, mais un véritable travail de plume où des personnages prennent vie et nous entraînent au bout de leurs voyages. Des mots portés et emportés par d’imparables mélodies qui donnent à l’album au moins quatre tubes assurés : « L’été revient », « Vilaine canaille », « Au diable vauvert » et « A l’heure H ». Côté influences, on pense immédiatement à Ben Kweller, Crackers et le très méconnu et pourtant excellent dernier album des « vieux » belges Machiavel. Archimède et Machiavel sur la même scène, ça le ferait non ? Les lavallois ont également emmené dans leur bagages l’héritage de la très belle scène mayennaise (Blue Valentine, K-Drivers, Les Shouters, Why Ted ?, etc). A tel point que le batteur de la formation est tout simplement un ancien Why Ted ?. Car en plus d’être talentueux, Nicolas et Frédéric Boisnard sont également fidèles. Bravo.
RV
Archimède dans Rock Made In France
Myspace Archimède
15:11 Publié dans Disque | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : archimède, disque, album
30.05.2009
Kiemsa ? Tout le monde !
Kiemsa fait danser les pieds et bouger la tête. Prototype de la fusion cuivrée (comprendre, avec une section cuivre), les mayennais (comme Archimède, tiens !) alignent grosses guitares (rien à voir avec Archimède…), rythmes intrépides et refrains entêtants. Ecoutez « Rien fait de mal » et vous comprendrez ! Mais le secret de l’addiction à Kiemsa réside dans le trombone et la trompette qui soutiennent, enivrent, tourneboulent, soulèvent, retiennent et finissent par faire swinger chaque morceau qui, sans cela, resterait sûrement plombé au fond du terroir.
Une énergie qui a tout de suite séduit nos amis germains chez qui le groupe tourne depuis des années. A tel point que Kiemsa signe sur un label allemand. Avec ce nouvel objet de tous les « Délices », la recette reste inchangée : chant en français et paroles engagées (qui font parfois penser à La Phaze et No One Is Innocent) pour cuivres et guitares au diapason.
Alors Kiemsa ? Moi, c’est certain. Et aux vues de la qualité de cette dernière livraison punk-rock-fusion, les mayennais ne sont pas prêts de s’arrêter et devraient convaincre de nombreux festivaliers estivaux qu’il reste des groupes en France qui marient indépendance et qualité. Et ce, sans être adoubé par Paris. A moins que ce ne soit - désormais - une condition pour réussir…
RV
Kiemsa « Délice » (Booster / Pias)
09:48 Publié dans Disque | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.05.2009
Petit conte du stoner pas si ordinaire

Y’a pas à dire, ça fait du bien. Et c’est rassurant. Que des petits gars bien de chez nous puissent sortir un tel son, dégager une telle puissance d'une Fender laisse à penser que le Stoner est enfin né en France. Le cheval de Troie s’appelle Bukowski ; son offrande au Dieu de la distorsion « Amazing grace ».
Fusion de deux formations métal parisiennes, Wunjo et Kwamis, le trio propose ici dix titres qui ne connaissent pas la crise du binaire et des temps morts. Pas de pitié pour les factotums de la pop, Bukowski se pose en gardien des compositions lourdes et grasses qui suintent la bière et décollent le goudron. Le genre de truc qui donne au réchauffement climatique une raison d’exister.
Alors talent ? Sans aucun doute. Et je ne suis pas le seul à l’avoir remarqué. D’autres l’ont fait bien avant la sortie de l’album puisque Davy Protela (ex Pleymo et actuel guitariste de Lula Fortune) produit deux titres et le chanteur d’Enhancer fait de même avec deux autres morceaux. Nous sommes en 2008 et le buzz pouvait commencer. Sur scène, les premières parties se succèdent : Eths, Mass Hysteria, Unswabbed... Sans oublier la tournées avec la team Nowhere. Un réseau exigeant qui permet de sortir ce premier album incroyable de maturité. Mieux. « Amazing grace », place le trio francilien comme une des (la ?) meilleures formations d’Europe en matière de rock peaufiné à la testostérone. Je parle de Monkey 3 et de Cabron.
RV
Bukowski « Amazing grace » (DiVersions / PIAS)
08:49 Publié dans Disque | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bukowski, stoner, rock, musique
03.03.2009
Tony n'aime pas l'embrouille
Qu'on se le dise, Tony Truant est de retour avec ses 2 Solutions. Trois bonnes raisons de prêter une oreille attentive à L'œil américain, le nouvel opus d'un homme au CV long comme le bras où l'on retrouve les gloires locales, les Dogs et les Wampas, dont il est l'actuel guitariste. Et justement, quelques jours après les punks parisiens, Tony "Le truand" livre son ovni bien identifié 100% rock garage.
Et ça fait des années que cela dure. Depuis 1990 à vrai dire et Your room is ready sir, une chaude galette abrasive concoctée avec ses collègues du bureau Dogs et un futur Wampas. Déjà ! Le ton est donné avec en guise d'introduction, un Robert Dalban des grands soirs, aboyeur de service et larbin parigot à l'improbable accent anglais dans les Tontons Flingueurs. C'est en fait l'unique référence aux phrasés shakespeariens de tout l'album. Et il est ainsi depuis près de 20 ans : français, humour et riff comme une sainte trinité rassurante d'un Tony sans embrouille.
Car L'œil américain ne trompe pas sur la marchandise. C'est un pur produit rock. Comme les Etats Unis en ont le secret depuis des décennies. Et comme la France, pays du cabaret et du disco, n'arrive pas à produire depuis l'invention du rock'n'roll. Tony Truant devrait être le maître étalon de la situation rock en France. Ecoutez ce disque et dites vous que, faire du rock en 2009, c'est ça. Oubliez les radio-crochets nogentaises et autres stations FM au pourcentage rock usurpé et plongez dans une cure de jouvence électrique. La chose rock'n'roll est le domaine de Tony Truant, L'œil américain son nouveau brûlot. Qu'on se le dise.
RV
19:45 Publié dans Disque | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rock garage










